Alors que la condition autochtone est sur toutes les lèvres ici au Québec suite à l’actualité des derniers mois, une nouvelle sonne agréablement douce à nos oreilles au vu des opportunités qu’elle pourrait apporter. Le Québec et le Japon, via un nouveau mandat inédit entre eux, souhaitent créer des liens économiques et culturels entre les Premières Nations des deux pays.

Cette nouvelle opportunité aura pour but de trouver un terrain d’entente afin d’échanger sur les réalités entrepreneuriales autochtones et sur les possibilités de faire des échanges à l’internationale. La possibilité d’échanges avec les Aïnou, seul peuple autochtone légalement reconnu au Japon aujourd’hui, est à l’étude. Reconnu officiellement depuis seulement 2019, le peuple Aïnou sort d’une lutte centenaire pour être reconnu officiellement comme Première Nation sur le sol japonais. Ayant eu gain de cause après tant d’années, il est clair que le Japon tente de réparer ses erreurs du passé et de se tourner vers un futur plus radieux.

Les Aïnous, peuple martyre

Reconnus depuis peu au sein de la société japonaise, les Aïnous (アイヌ, qui signifie « humain »), également appelés Utari (ウタリ, qui signifie « compagnon ») sont un des premiers peuples à se sédentariser sur le sol de ce qui est aujourd’hui l’archipel du Japon. Présent principalement dans le nord du Japon, les Aïnous sont restés longtemps volontairement ignorés dans l’histoire japonaise et ce malgré quelques accords commerciaux au début de leurs premières relations. Surnommés par la suite les « Emishi » (littéralement, les « barbares qui ne sont pas sous l’autorité politique du Japon »), ces derniers ont été les témoins muets ou presque d’une assimilation abusive.

C’est principalement lors des échanges instaurés sous le clan Matsumae (16e siècle) que les tensions commencent. Pris dans le feu d’une révolte Aïnou, le gouvernement japonais, impose, suite à ce soulèvement, des conditions de vie intolérables au peuple Aïnou. Forcés à devenir des citoyens japonais, le gouvernement leur interdit de parler leur langue, de pratiquer leur mode de vie quotidien et culturel. Cette ségrégation ethnique durera pendant près d’un siècle et exposera pour de nombreux siècles à venir le peuple Aïnou au racisme systémique et à des discriminations importantes. Cette intégration forcée, menaçait, il y a encore peu de temps, ce peuple qui s’est trouvé au bord d’une extinction globale.

Cependant, depuis quelques années, le Japon a la forte intention de rectifier son lourd passé. Le Pays du Soleil-Levant prend enfin conscience de la gravité des gestes placés et se rend compte qu’il doit assumer sa responsabilité envers ces injustices, même si cette prise de conscience arrive très tard.

Dans un autre ordre d’idées, et d’un point de vue plus culturel et littéraire, le mangaka Satoru Noda, lui-même originaire d’Hokkaido au Nord du Japon, dans son manga Golden Kamui, essaye envers et contre tout de rendre un hommage moderne à ce peuple. D’une main de maître, le mangaka s’est dévoué corps et âme pour rendre justice à ce peuple oublié et négligé. Cette ethnie fascinante, de par son lien avec la nature, imprègne le manga de toutes ses forces. Allant jusqu’à rencontrer les derniers représentants de ce peuple, l’auteur s’est imprégné de la culture aïnou. Satoru Noda, dans un souci de précision et d’exactitude, a partagé leurs repas, étudié leurs langues, écouté leurs contes et histoires.
Toute cette expérience imprègne son oeuvre d’un humanisme marquant et touchant, rendant chaque rencontre, chaque expérience, chaque personnage inoubliable. Remportant nombre de prix pour son manga, c’est cette richesse culturelle ressentie à travers toute l’oeuvre qui fait la renommée et le succès de Golden Kamui.

Le tout nouveau mandat de Mélanie Paul, une entrepreneure innue de la communauté de Mashteuiatshm, qui mènerait vers un futur échange est de facto le bienvenu et représente une aubaine pour le peuple Aïnous, les Premières Nations, le Québec et le Japon. Malgré le petit échec vis-à-vis de la possible mise en valeur de la culture Aïnou durant les Jeux Olympiques, le Japon semble toujours avoir à cœur la représentation de cette communauté.
Cette opportunité est un bon point de départ vers un mea-culpa national et prouve une nouvelle fois au Japon et au Québec que leurs Premières Nations respectives représentent avant tout un atout et une force dont ils peuvent être fiers. Ce revers culturel, vers un avenir plus radieux, est indispensable afin d’être capable de représenter le Japon, sa culture et son histoire dans leur entièreté. Cette avancée, représente un pas de géant que le Japon et le Québec s’apprêtent à faire main dans la main.

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