Considéré comme un des plus grands maîtres de l’école et du style Ukiyo-e, Utagawa Hiroshige est un paysagiste et un maître de la xylographie (la gravure sur bois). Il a crée l’une des plus célèbres séries d’estampes que le Japon a connu : Les 100 vues d’Édo.

Réalisée entre 1856 et 1858, sous la période de paix que le shogun Tokugawa apporte au Japon, les 100 vues d’Édo ne comptent pas 100 mais 119 estampes relevant toutes du genre Meisho-e (peinture de vues célèbres). Les 100 vues d’Édo auront beaucoup de signification pour l’auteur, le Japon, et le reste du monde et apporte plusieurs innovations très intéressantes.

Cette série d’estampes représente le dernier projet de grande envergure de l’auteur. Commencé en 1856, le projet trouve origine avec une demande de Sakanaya Eikichi, un éditeur qui veut mettre en avant les changements orchestrés par le séisme qui a touché la capitale Édo (d’une magnitude de 7,1) ainsi que la reconstruction de celle-ci.

Ce projet débute également quelques années après l’ouverture du Japon au reste du monde par le commodore américain Matthew Perry (1853).Malgré ces grands bouleversements et changements, la séries connaîtra un énorme succès et fera parler d’elle par ses différentes approches.

C’est un projet ambitieux qu’Hiroshige décide de monter. Son but est de mettre en avant les changements intervenus à Édo au cours des dernières années lorsque le progrès, le début de la mondialisation et la modernité commençent à remplacer les coutumes et les traditions nippones.

De ses propres dires qui nous sont parvenus à travers les années ;« Par-dessus tout, je voulais reproduire avec précision les régions célèbres d’Edo… et peindre des paysages que l’observateur peut voir de ses propres yeux. » – Utagawa Hiroshige, souvenirs illustrés d’Edo.

Réalisé en grand format et segmenté selon les 4 saisons de l’année, Hiroshige utilisera un type de xylographie introduit au 18e siècle afin de présenter des estampes totalement gravées en couleur. Adaptant une série complètement en format vertical, il innove en opposant un premier plan dramatiquement agrandi par rapport au paysage de fond et en utilisant des couleurs aux vivacités impressionnantes pour l’époque.

En 1858, la série était vouée à ne jamais trouver de fin, l’auteur n’ayant pas le temps de la terminer avant sa mort la même année. Cependant, c’est grâce à son disciple Hiroshige II que le projet pourra finalement se terminer. Il reprendra les derniers travaux de son maître afin de conclure la série.

Plusieurs années plus tard, impressionné par le travail et la vie d’Hiroshige, le célèbre peintre Néerlandais Vincent Van Gogh reprendra deux estampes du maître japonais et les réadaptera selon son propre style.Il reprendra Pont Ōhashi à Atake sous une averse soudaine avec sa toile : Japonaiserie : Pont sous la pluie ainsi que Jardin des pruniers à Kameido avec sa toile : Japonaiserie : prunier en fleur.

NDA : j’espère vous avoir donné l’envie de vous pencher un peu plus sur ce courant artistique éphémère mais ô combien intéressant que le japon a connu. Poussez la recherche si cela vous intéresse, je n’ai fait qu’effleurer le top de l’iceberg.Restez curieux – David.Comme le dit si bien Asai Ryoi :Vivre uniquement le moment présent,se livrer tout entier à la contemplationde la lune, de la neige, de la fleur de cerisieret de la feuille d’érable,ne pas se laisser abattre par la pauvreté et ne pas la laisser transparaître sur son visage, mais dériver comme une calebasse sur la rivière,C’est ce qui s’appelle Ukiyo-e.

Source images :- Jardin des pruniers à Kameido / Japonaiserie : prunier en fleur. – Utagawa Hiroshige/ Vincent Van Gogh.- Pont Ōhashi à Atake sous une averse soudaine avec sa toile / Japonaiserie : Pont sous la pluie – Utagawa Hiroshige / Vincent van Gogh.- 100 vue d’Edo – Utagawa Hiroshige.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *