La semaine dernière, en jasant du maître de l’horreur Junji Ito, j’avais mentionné l’une de ses principales inspirations, Kazuo Umezu ! Sur ce, cette semaine je vous présente l’un des pionniers du manga moderne, et d’ailleurs l’un des seuls encore parmi nous aujourd’hui ; nul autre que KAZUO UMEZU. Ce grand mangaka inventa le terme « manga d’horreur » et est d’ailleurs lui-même souvent nommé comme étant le dieu, père, ou bien encore, le créateur du genre du manga d’épouvante.

Il était une fois… Umezu !

Kazuo Umezu est né le 3 septembre 1936 au pays des centrales nucléaires, Kôya, dans la préfecture de Wakayama.
Sa passion et son talent pour le dessin sont évidents dès son plus jeune âge, et il dessine ses premières BD à 10 ans. Il est immédiatement attiré par le genre horrifique, peut-être lié au fait que quand il était petit, son père lui racontait des contes folkloriques terrifiants avant d’aller se coucher.
En 1955, à seulement 19 ans, il débute sa carrière professionnelle, créant principalement des œuvres pour le secteur du kashihon manga (des librairies de location de mangas, très populaires durant l’après-guerre).
Avant de se spécialiser dans le manga d’horreur, Umezu devient d’abord l’un des pionniers de la comédie romantique (du genre rabu-kome) avec Romansu no kusuri.
Umezu devient aussi l’auteur de Neko-me Kozô (Cat-eyed boys), Orochi, Watashi wa Shingo (Je suis Shingo), Kami no Hidari-te Akuma no Migi-te (God’s Left Hand, Devil’s Right Hand) et Fourteen. Certaines de ses œuvres sont même adaptées à la télévision !
Très populaire au Japon, mais assez méconnu par le public francophone, Umezu commence néanmoins à se faire remarquer en France grâce à sa série culte, l’École Emportée (Hyôryu Kyôshitsu).

La créativité d’Umezu – sans limites ?

En plus d’inspirer beaucoup d’autres mangakas, comme Junji Itô ou Minetarô Mochizuki (Dragon Head), notre Kami-sama de l’horreur ne s’en tient pas seulement aux bandes dessinées…
Sa créativité se manifeste aussi dans le domaine musical. Fan de musique, il monte un band et sort en 1975 l’album Yami no (Album des ténèbres).

Une maison hantée dans un parc d’attraction ? Pourquoi pas !

En 1994, il dirige Kazuo Umezu’s Haunted House : La malédiction de la Famille Azuchi, une maison hantée dans le parc d’attraction “Kôrakuen” à Tokyo.

La découverte d’un nouveau maître !

C’est entre 1986 et 1994 que la revue Gekkan Halloween lance le Prix Kazuo Umezu, un nouveau concours de découverte de jeunes auteurs dirigé par Umezu lui-même. Et qui offre notamment le prix à Junji Itô pour son Tomié

L’horreur lui va si bien…

Revenons aux mangas ! Comme vous le savez si bien, il y a des milliers et milliers de mangas d’horreur. De plus, il est très difficile de trouver de l’horreur classique avec un bon scénario – c’est un équilibre fameusement difficile à tenir (excluons bien évidemment Junji Ito, Suehiro Maruo et Minetaro Mochizuki ).
Et non, ce n’est pas du Tim Burton ! 😉

Les mangas d’Umezu-san sont justement le parfait équilibre que nous cherchons!
En voici quelques-uns de nos préférés :

Orochi – 1969
Orochi est une mystérieuse jeune fille qui a des pouvoirs surnaturels et qui traverse les époques sans jamais vieillir.
Ce manga est une petite anthologie où l’on suit Orochi et les destins tragiques de plusieurs autres personnages. À chaque fois, Orochi s’infiltre dans leur vie et tente de les aider. Mais la cruauté de la vie prend le dessus et les histoires se terminent de manière glauque.
Chez les éditions Lézard Noir

La femme Serpent – 1965
Ce recueil comprend trois histoires courtes reliées entre elles par le personnage terrifiant de la femme-serpent. C’est une créature imaginaire que Umezu choisi de mettre en scène, en prenant comme inspiration des légendes folkloriques appartenant à des peuples situés dans les quatre coins du monde.
Chez les Éditions Lézard Noir

L’École emportée – 1972
C’est le manga le plus célèbre de Umezu ! L’École emportée raconte la disparition d’une école primaire et de tous ses occupants. Ceux-ci se retrouvent mystérieusement projetés dans un monde désertique, dépourvu de vie, où le sable dispute à un ciel aux brumes obscures… Complètement dépassés par la situation, les adultes chargés de la protection des enfants vont se révéler incapables d’assurer leur rôle. Certains laisseront libre cours à leur folie naissante, d’autres préfèreront les meurtres et le suicide !
Chez les Éditions Glénat

Je suis Shingo – 1982
Des robots et des hommes ! C’est le dernier titre de Kazuo Umezu à être disponible en français. Je suis Shingo fait moins référence à l’horreur mais plus à la science-fiction, l’intelligence artificielle vue des années 1980. Le jeune Satoru est en dernière année d’école primaire. Son père, qui travaille dans une petite usine de quartier, annonce qu’un robot va intégrer l’entreprise. Fasciné à l’idée de le rencontrer, Satoru va pouvoir réaliser son rêve à l’occasion d’une visite scolaire organisée par son école. Il fait ainsi la connaissance du robot Monroe… Cette tendance vers la science-fiction nous prouve une fois de plus que Umezu peut bien exercer dans tous les domaines.
Chez les éditions Lézard Noir

Clancher les histoires de Kazuo Umezu, c’est s’offrir un parcours d’enseignement dans le développement du manga moderne !
Umezu est le dieu des mangas horrifiques au Japon, mais bien évidemment, les talents de l’auteur ne se résument pas toujours à faire peur.
La lecture de ses mangas n’en est que plus recommandée !
– _._miruku


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